Dramuscules,
ou cinq pièces courtes de Thomas Bernhard, par la Compagnie tg Stan, hier soir au Théâtre de la Bastille dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Pour moi un duo prometteur. J’aime énormément cet auteur et cette troupe flamande avait fait mes délices en novembre 2005.
Sous le titre de « ”Sauve qui peut” pas mal comme titre », trois personnages, petits bourgeois ordinaires échangent des propos anodins, de l’humour noir plutôt grinçant autour du fascisme quotidien dans l’après-guerre autrichien. On vilipende allègrement les Turcs ou les Yougoslaves, tout autant que les étudiants frondeurs.

Mise en scène à minima (parfait) où le changement de pièces est ponctué par le changement de costumes directement sur scène, slips et soutien-gorges en veux-tu en voilà certes, mais avec grâce et pudeur. Des flûtes à Champagne cassées, une table pliante de pose de papier peint réduite en miettes, un monstrueux cigare enfumant la scène. L’accent de là-bas et quelques entorses au français ajoutaient du charme à la véracité de l’interprétation.
On sourit, on rit, on s’esclaffe, mais jaune. On entend encore trop souvent des gens s’exprimer comme cela.
Du très grand théâtre comme pas toujours, ce fut une très bonne soirée.
Encore jouée jusqu’au 20 janvier 2008, un conseil : courez-y, ça rafraîchit les neurones.
Pendant ce temps j’écoute le Concerto pour violoncelle “Reflection on Narcissus” de Matthias Pintscher, Allemagne (1971). Enregistrement sur France Musique.
